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COCC Sénégal : un nouvel ouvrage du Pr Jean-Louis Correa relance la doctrine du droit des obligations

Le paysage juridique sénégalais s’enrichit d’une contribution doctrinale majeure avec la publication de l’ouvrage « Droit des obligations. Théorie générale du contrat. Régime général des obligations » du Professeur Jean-Louis Correa. Présenté officiellement le 2 mai 2026 lors d’une cérémonie organisée par les L’Harmattan Sénégal, ce travail s’impose déjà comme une référence incontournable en droit des obligations.

Son auteur n’est pas un inconnu de la communauté juridique. Enseignant-chercheur et vice-recteur chargé des affaires pédagogiques à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane, le Professeur Jean-Louis Correa est reconnu pour la rigueur de ses analyses et son engagement dans la production scientifique en droit privé. Spécialiste du droit des obligations, il contribue depuis plusieurs années à la réflexion autour du Code des obligations civiles et commerciales (COCC), avec une volonté constante de valoriser les spécificités du droit sénégalais tout en l’inscrivant dans une dynamique comparative.

C’est dans cette même perspective que s’inscrit cet ouvrage de 706 pages. Au-delà de l’analyse classique, l’auteur y adopte une démarche résolument originale : construire une lecture autonome du droit des obligations sénégalais, valoriser les catégories propres au COCC et en identifier les limites et les silences. L’ambition est clairement affirmée — repenser le droit des obligations non pas à travers des modèles étrangers, mais à partir de ses propres fondements.

Cette ambition prend tout son sens au regard du contexte dans lequel s’inscrit la publication. Depuis les travaux fondateurs du Professeur Jean-Pierre Tosi en 1981, longtemps considérés comme la référence en la matière, la doctrine sénégalaise des obligations souffrait d’une relative rareté des contributions d’envergure. L’ouvrage du Professeur Correa vient ainsi combler un vide important : il actualise la réflexion juridique et offre un outil de travail aussi bien aux praticiens — avocats, magistrats, juristes — qu’aux enseignants-chercheurs et aux étudiants en droit.

La cérémonie de présentation, tenue dans un cadre solennel en présence de nombreuses figures du monde académique, a été l’occasion d’échanges approfondis sur les enjeux contemporains du droit des obligations. C’est le Professeur Patrice A. Badji qui a livré l’analyse la plus remarquée de l’ouvrage. Rappelant les propos d’Allan Farnsworth sur l’importance des travaux consacrés au droit des obligations sénégalais, il a souligné que la publication arrive à un moment opportun et sera accueillie avec intérêt par l’ensemble de la communauté juridique.

Ce qui retient particulièrement son attention, c’est la démarche méthodologique elle-même. L’apport essentiel de l’ouvrage réside dans sa volonté de relire le droit des obligations à partir du COCC lui-même : lire le droit sénégalais pour ce qu’il est, valoriser ses spécificités, et ne recourir au droit comparé que lorsque cela s’avère nécessaire. Une approche que le Professeur Badji qualifie d’audacieuse et de structurante pour la doctrine juridique nationale.

Au-delà du seul droit sénégalais, c’est une dynamique plus large que cet ouvrage contribue à nourrir — celle de la construction d’une doctrine juridique africaine autonome, capable de penser ses propres catégories juridiques, de renforcer la souveraineté juridique et d’adapter le droit aux réalités du continent.

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