Réflexion du Professeur Patrice Aristide Badji (Université Cheikh Anta Diop de Dakar)

Dans une publication rendue publique, le Professeur Patrice Aristide Badji, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a exprimé une réflexion personnelle relative à la situation actuelle de l’Université sénégalaise, à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba.
I. Un contexte de tensions institutionnelles
Le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant à l’UCAD, a suscité de nombreuses réactions au sein de la communauté universitaire et au-delà. Ont notamment été observées :
- la fermeture du campus social ;
- la suspension d’amicales ;
- des déclarations d’organisations syndicales ;
- des prises de position d’ONG et de collectifs ;
- des mouvements de soutien dans plusieurs localités du pays.
Ces réactions s’inscrivent dans un contexte plus large de questionnements relatifs au fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur au Sénégal.
II. Interrogation sur la prise de position des universitaires
Dans son texte, le Professeur Patrice Aristide Badji s’interroge sur la place et la responsabilité des universitaires dans le débat public.
Il rappelle qu’à une période antérieure, l’espace médiatique sénégalais était marqué par la publication de manifestes, pétitions et résolutions émanant d’enseignants-chercheurs sur des questions touchant à l’Université et à l’École sénégalaise.
Il pose la question suivante : la situation actuelle justifierait-elle une expression collective comparable, visant à rappeler les fondamentaux de l’institution universitaire et la nécessité de préserver l’Université et l’École sénégalaise, qualifiées de « trésor national » ?
L’auteur évoque différentes hypothèses susceptibles d’expliquer ce qu’il qualifie de mutisme : lassitude, calcul, confort personnel ou indifférence.
III. Appel à la réflexion et à l’introspection
Dans la seconde partie de sa publication, le Professeur Badji invite la communauté universitaire à une réflexion approfondie sur le modèle d’Université et d’École souhaité.
Il inscrit cette réflexion dans le contexte du mois de Ramadan et du Carême, qu’il présente comme un temps propice à la méditation et à l’introspection, y compris sur la question de l’identité sénégalaise.
La référence au terme japonais « hara-kiri », défini comme une forme de suicide rituel, est utilisée à titre métaphorique pour interroger la possibilité d’un affaiblissement interne des institutions universitaires.
IV. Une contribution au débat académique
Cette prise de position s’inscrit dans un débat plus large sur :
- la gouvernance universitaire ;
- la responsabilité académique ;
- la préservation de l’institution universitaire ;
- le rôle des enseignants-chercheurs dans l’espace public.
Le texte du Professeur Patrice Aristide Badji constitue une contribution personnelle à la réflexion collective sur l’avenir de l’Université sénégalaise et sur la place de la communauté académique dans les débats institutionnels contemporains.
